L’admiration pour Valéry Giscard d’Estaing.

Expérience 2 – Colette L., 82 ans (EHPAD de Lille)

Note du chercheur : La patiente a manifesté une focalisation mémorielle intense sur la figure politique de Valéry Giscard d’Estaing à l’automne 1976. Le sérum révèle à quel point la stratégie de communication hyper-moderne du président — révolutionnaire pour l’époque — a profondément marqué et séduit les esprits, occultant parfois la rudesse de la crise économique.

« Ah, Valéry… Quel homme, mon dieu, quel homme ! Vous ne pouvez pas vous imaginer le choc que ça a été pour nous. On sortait de décennies avec des présidents très solennels, très figés dans leurs costumes sombres, et d’un coup, on voyait arriver ce grand jeune homme de cinquante ans, d’une distinction folle, qui bousculait tout.

En 1976, regarder le président à la télévision, c’était un vrai spectacle. Mon mari rouspétait à cause de la crise du pétrole et de la hausse des prix, mais moi, j’étais fascinée. C’était le comble du chic décontracté : il portait des pulls de laine à col roulé sous sa veste de costume ! Pour nous, c’était le summum de la modernité, l’équivalent d’un astronaute de la politique.

Et puis, il y avait cette simplicité qui nous rendait tous fous. Quand il se mettait à jouer de l’accordéon à la télévision, avec son petit sourire en coin, on trouvait ça tellement proche du peuple. Aujourd’hui, vous trouveriez ça ringard, mais à l’époque, un chef de l’État qui jouait La rigaudon en direct sur Antenne 2, c’était d’une audace incroyable !

Mais le plus fou, ce qui faisait battre mon cœur de ménagère, c’est qu’il allait carrément dîner chez des Français ordinaires. Un soir par mois, il s’invitait chez un ouvrier, un commerçant ou un agriculteur pour manger un ragoût et discuter de la France autour d’une bonne bouteille. Je me rappelle avoir dit à ma voisine de palier : « Tu te rends compte, s’il frappe à la porte un mardi soir ? » Pendant des mois, j’ai gardé un pot de rillettes de marque et une boîte de pêches au sirop au cas où le président de la République débarquerait à l’improviste dans ma cuisine en Formica. J’aurais été capable de mourir de trac sur place !

On avait vraiment l’impression d’être gouvernés par un homme du futur qui nous emmenait vers l’an 2000. C’était une confiance qu’on a un peu perdue après, je crois… »

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